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Déclaration de la FSU 17 pour la journée nationale d’action du 23 novembre 2010

22 novembre 2010

Huit journées nationales d’action avec des millions de manifestants dans les rues et des taux de grévistes exceptionnels dans certains secteurs, une unité syndicale qui perdure sur le dossier des retraites, les blocages des raffineries avec la menace qui a plané sur l’approvisionnement en carburant, tout cela n’aura pas suffi à amener le gouvernement à changer son projet de réforme, tout cela n’aura pas suffi à ramener les députés et les sénateurs de droite sur la voie de la démocratie.

Pour autant, même promulguée, la loi sur les retraites reste inacceptable.

Elle est sans doute la plus dure de celles que les autres gouvernements européens ont adoptées. Dure envers tous les salariés, elle est particulièrement injuste envers les femmes, les jeunes, les carrières longues et les métiers pénibles. Cette loi qui ne couvre pas l’avenir au-delà de 2020, ne sert que les intérêts financiers, donne des gages aux agences de notation et fragilise le système par répartition en contraignant, par la baisse programmée des pensions, à l’épargne individuelle, pour le plus grand profit des assureurs.

Les français, dans leur immense majorité ne s’y sont pas trompés : ils ont soutenu massivement la revendication d’une négociation sur un autre projet et le mouvement social d’ampleur qui s’est enclenché.

Le président de la république, le gouvernement, les élus de droite et le Medef, en imposant cette loi contre les employés, les ouvriers, les salariés ont perdu toute crédibilité politique. Les affaires politico financières Bettencourt, Karachi, montrent chaque jour un peu plus les relations privilégiées entre la présidence et les milieux financiers. Sarkosy espère donner le change et voudrait bien qu’on tourne la page, qu’on tourne les pages : celle du dossier des retraites, celles qui le mettent en cause dans toutes les affaires malodorantes dont certaines sont des affaires d’état. Alors il remanie. Il remanie le gouvernement. Mais en gardant les mêmes… montrant ainsi son mépris pour la profonde contestation sociale qui s’est installée.

L’allocution télévisée de mardi dernier s’est résumée, outre la séquence démagogique sur la dépendance, à un tour de passe passe en guise de réforme fiscale. On supprime enfin le bouclier fiscal mais dans le même temps on supprime aussi l’impôt sur les grandes fortunes qui rapportait 4 milliards à l’Etat !

De toute évidence N.Sarkosy garde le cap de sa politique et entend continuer, comme en témoigne le budget 2011, à mettre en oeuvre les réformes qui répondent au cahier des charges du Medef.

Au-delà du dossier des retraites, les réductions budgétaires et la RGPP poursuivent leurs ravages dans les services publiques via les dizaines de milliers d’emplois fermés à la génération en âge d’entrer dans la vie active : éducation, santé, justice,culture, pôle emploi... Partout les conditions de travail des personnels se dégradent et par voie de conséquence, la qualité du service public, fondement de la justice sociale et de la solidarité.

Au-delà du dossier sur les retraites ce sont aussi les questions du pouvoir d’achat,d’emploi , de logement, de lutte contre la pauvreté qui continuent d’être posées par notre société dans laquelle les inégalités et les injustices sociales ne cessent de croître. C’est la question de la répartition des richesses produites par le travail et la taxation des capitaux qui doivent enfin être posées et débattues.

Le mouvement profond de contestation des règles de ce monde, ce mouvement qui semble installé devrait permettre de construire ensemble, des propositions alternatives. Pour la FSU, l’heure n’est certainement pas à la résignation, l’heure est à l’unité des travailleurs, des salariés pour qu’ils tournent eux-mêmes la page des réformes libérales. 


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