FSU 17
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Déclaration de la FSU au CDEN du vendredi 8 avril 2011

14 avril 2011

Déclaration liminaire de la FSU 17 :

Après la tenue des CTPD 1er et second degré – le premier ayant été retardé pour des raisons électorales semble-t-il ! - et à partir des documents que les services de l’Inspection Académique nous ont remis, nous arrivons à quelques conclusions qui donnent le ton de ce que sera la prochaine rentrée dans les écoles et les collèges du département. Une rentrée qui sera encore marquée globalement, comme les précédentes, par les milliers de suppressions de postes d’enseignants et d’agents des catégories administratives ; une rentrée qui marquera de nouveau une dégradation des conditions d’accueil et d’enseignement des élèves, à moins bien sûr, d’ un sursaut national souhaité par le ministre pour faire face aux besoin de personnels : mais tous les retraités de l’Education Nationale, et les étudiants coureurs de petits boulots sollicités par pôle emploi, accepteront-ils , à moindre coût, de remplacer les postes de fonctionnaires supprimés pour raison économique ?
- Dans les écoles, le bilan des ouvertures fermetures est lourd et pour la première fois depuis longtemps, aucune des propositions faites par les représentants des personnels en CTPD n’ont été prises en compte. Les mesures sont calculées dans des prévisions étroites et ne considèrent pas la réalité des effectifs sous prétexte d’une baisse globale, et encore moins les réalités pédagogiques. On ferme ou on gèle pour deux ou trois élèves sous les seuils. Mesures à la petite semaine quand on connait l’importance des flux migratoires, positifs, dans notre département.
- Dans les écoles élémentaires, 9 ouvertures pour 13 fermetures, 2 ouvertures conditionnelles pour 12 fermetures du même type, on peut s’attendre à une rentrée tendue et aux réactions vives des parents.
- Le bilan est encore plus difficile à accepter quand on considère les écoles maternelles. La dégradation de la scolarisation des enfants en bas âge se confirme voire s’accélère y compris dans les zones d’éducation prioritaire : 14 fermetures définitives et 5 conditionnelles pour une seule ouverture.
Au total ce sont donc 27 fermetures définitives, 16 conditionnelles pour seulement 10 ouvertures définitives et 3 conditionnelles.

- Quant aux mesures ASH affichées jusque là comme une priorité départementale , on ne peut que faire un constat de renoncement , faute de moyens.

- Dans les collèges : La hausse des effectifs prend un caractère régulier année après année : + 364 cette année, + 330 pour la prochaine rentrée. C’est-à-dire, à chaque fois, pratiquement les effectifs d’un petit collège. Ce qui change cependant, ce sont les moyens affectés au département pour maintenir dans cette situation un encadrement constant et satisfaisant des élèves. Pour cette année on comptait 9 divisions supplémentaires tandis qu’à la rentrée prochaine, ce sera 4 de moins . Un rapide calcul permet de constater que dans ce laps de deux ans nous accueillerons 694 élèves de plus avec un solde de 5 divisions supplémentaires seulement ! La traduction immédiate, corroborée par le H/E, ce sont les augmentations d’effectifs par classe. De nombreuses divisions, notamment en 3eme sont au bord de l’asphyxie et il ne reste qu’une très faible marge de manoeuvre pour satisfaire les retours de non affectation, les demandes de droit au redoublement en 3ème, ou pour accueillir les enfants des familles qui arrivent en cours d’année dans le département, dans un flux assez important.

- La deuxième constatation c’est bien sûr à cette période de l’année , les mesures de carte scolaire et la répartition des postes et des heures dans les établissements. Les mesures de carte scolaire sont nombreuses, notamment dans les SEGPA, ce qui nous conduit à pointer de nouveau une politique que nous contestons depuis plusieurs années. Ces mesures de carte sont le résultat de ce que l’administration appelle par euphémisme comptable la mutualisation des moyens , et qui est en fait un détricotage, au nom de la rentabilité et du moindre coût, du maillage départemental de l’enseignement spécialisé. On nous explique aujourd’hui que ces enfants étaient jusqu’à ce jour et du fait de leur handicap léger, mal orientés dans les structures existantes. Ils devraient donc trouver pour partie leur bonheur dans les Unités intégrées. Mais l’absence de professionnalisation de ces parcours les condamnent au mieux à 3 ou 4 années de toboggan vers une sortie problématique. Nous demandons que soient présentés en CDEN un bilan du fonctionnement pédagogique de ces unités ainsi qu’un bilan de l’orientation en fin de cycle des élèves de ces unités.

- En ce qui concerne les personnels administratifs de l’IA et des EPLE , on « mutualise » aussi et les organisations entre les niveaux des inspections académiques et du rectorat font disparaître les services de proximité qui fonctionnaient bien pour les élèves, leurs parents et les personnels. Notre département, lourdement touché ces dernières années, connaît encore 3 suppressions d’agences comptables et en corollaire des suppressions de postes.
- Monsieur le Préfet, monsieur le Président du Conseil Général, Monsieur l’Inspecteur, le tableau n’est pas brillant et vous avez déjà eu quelques échos de l’état d’esprit de nos collègues, de leur défiance à l’égard de l’ensemble de la politique scolaire dont, rappelons –le, la mesure emblématique voulue au plus haut de l’Etat devait être la « réforme de la formation des maîtres ».Tout le monde, dès sa mise en place et jusqu’au chef de l’Etat, reconnaît qu’elle n’est pas de nature à satisfaire les besoins pédagogiques de notre système éducatif. Le seul intérêt pour le ministre est qu’elle permet d’utiliser les stagiaires sur des temps pleins en les laissant se former seuls et sur le tas.
Défiance de nos collègues à l’égard des réformes pédagogiques imposées sans concertation et sans réflexion, comme celle dite du socle commun qui institue peu à peu une école à deux vitesses et dont chacun a bien compris que l’objectif dernier est la réduction du coût du système éducatif .

Cette défiance, cet état d’esprit assez général, prend sur le terrain des formes diverses. Représentants des personnels, nous avons donc refusé de siéger en séance ordinaire le 5 avril pour traduire le sentiment de nos collègues. Aujourd’hui les professeurs des écoles, dont certains sont en grève à l’appel de plusieurs organisations comme le SNUIPP FSU manifestent pendant la tenue du CDEN pour que l’on donne à l’école publique les moyens d’accueillir tous les enfants dans de bonnes conditions. Dans le second degré, en l’état actuel de nos informations, nous constatons dans le département, que dans une proportion importante, les CA des collèges se sont prononcés contre les dotations ou au minimum ont voté des motions qui dénoncent l’étranglement des moyens alloués pour assurer les enseignements obligatoires. En aucun cas, est-il besoin de le préciser, il ne s’agit de remettre en cause le travail réalisé par les chefs d’établissement, qui font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne. Il s’agit en fait, d’un refus de plus en plus conscient et global, des conditions de travail imposées par des contraintes budgétaires, contraintes qui sont devenues, du fait de choix politiques qui ruinent les services publics, incompatibles avec les objectifs du métier d’enseignant et avec l’intérêt des élèves.

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