Voici un an déjà que Messieurs Macron et Philippe officient à la tête de l’Etat avec leurs associés Blanquer à l’Education nationale, Vidal au Supérieur, Travert à l’Agriculture et Pénicaud au Travail.

Une année au cours de laquelle les personnels de l’enseignement public de l’éducation ont du faire face à une avalanche de véritables contre-réformes.

Qu’on en juge pour le seul ministre Blanquer, nouveau chouchou d’une certaine presse allant du Point à Valeurs actuelles ;

 

  • Dans le premier degré :

le dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire est apparu comme une mesure positive ; sauf qu’effectuée à moyens constants, elle s’est faite au détriment des autres écoles. La baisse démographique enregistrée dans le premier degré aurait d’autre part été l’occasion de diminuer les effectifs par classe…Peine perdue !

Autre mesure phare annoncée en grande pompe par le président : l’abaissement de l’âge de la scolarisation à 3 ans. En voilà une idée généreuse…surtout pour l’enseignement privé qui récupère ainsi de l’argent public que devront verser les mairies.

Enfin la définition d’injonctions par le ministre lui-même destinées à la mise en œuvre de « bonnes pratiques pédagogiques » a fini d’irriter les professeurs des écoles dont la liberté et l’expertise pédagogiques sont ainsi mis à mal.

 

  • Et dans le second degré ce n’est pas mieux :

 Si le ministre a acté sans le dire ouvertement la fin de la réforme du collège imposée par la prédécesseuse et dénoncée en son temps par la FSU, pour autant ceci ne s’est pas traduit par une augmentation des moyens en collèges bien au contraire, alors même que les difficultés des élèves n’ont pas disparu et que globalement les effectifs vont continuer d’augmenter l’an prochain à l’échelle nationale.

En revanche nous avons eu droit au lot d’annonces et de mesures démagogiques comme l’interdiction du téléphone portable à l’école ou le retour de l’uniforme…destinée à caresser dans le sens du poil une partie de la population.

 Mais surtout la grande occupation du ministre cette année, son passe-temps, son bébé, a été la mise en place de la réforme conjointe de l’orientation post-bac, du baccalauréat et du lycée.  Ainsi est institué avec Parcoursup un véritable tri social dans l’accés au supérieur dont l’on ne va pas tarder à voir les effets désastreux, associée à une refonte du baccalauréat,  qui en 2021 aura perdu son statut de diplôme anonyme et national et de premier grade universitaire, le tout associé à une profonde réorganisation du lycée qui va bouleverser le métier d’enseignant…et permettre, ultime finalité, de supprimer 15 000 postes !

  • C’est d’ailleurs la même logique comptable qui guide la politique de Madame Vidal dans le supérieur.

Ainsi la loi ORE, sous couvert de mieux accompagner les étudiants vers la réussite, vise surtout à masquer le manque de moyens dont disposent les universités pour accueillir la classe d’âge nombreuse de l’an 2000. Il manque ainsi aujourd’hui 10 universités en France pour permettre aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions. Les universités, à l’instar de celle de La Rochelle, en sont donc réduites à réduire leur offre de formation, en particulier par la diminution des horaires de cours en licence.

  • Enfin la FSU nourrit les plus vives inquiétudes quant aux projets gouvernementaux concernant l’enseignement professionnel public tant à l’Education nationale qu’à l’Agriculture.

Ainsi la gouvernance de l’apprentissage serait confiée aux branches professionnelles c’est-à-dire au MEDEF ; le baccalauréat transformé en diplôme local et remplacé par des blocs de compétences, l’autonomie des établissements accrue facilitant ainsi leur mise en concurrence…

  • Et à cet inventaire déjà très sombre, il convient bien sûr d’ ajouter, comme pour toute la Fonction publique, une politique salariale régressive, et stigmatisante avec notamment le retour du jour de carence ou la quasi-disparition programmée des instances paritaires.

Aussi pour les personnels de l’enseignement public, confrontés à ces contre-réformes destructrices de leur outil de travail et au mépris de leur hiérarchie, la coupe est pleine !

 

 

 

 

Au contraire, face à cette gestion « boutiquière » de l’éducation menée par Macron et son gouvernement, les syndicats de la FSU, le SNUIPP-FSU, le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNESUP-FSU, le SNETAP-FSU et le SNUEP-FSU (ouf !) revendiquent :

-un projet éducatif ambitieux, cohérent et émancipateur permettant l’accomplissement et la réussite de tous les jeunes, considérés d’abord comme de futurs citoyens et non comme de potentiels producteurs et consommateurs.

-une véritable reconnaissance du métier d’enseignant qui passe en premier lieu par une revalorisation salariale significative et permettrait de rendre nos métiers plus attractifs ; mais aussi par une formation initiale et surtout continue de qualité, par le renforcement du statut et non sa précarisation avec le recours croissant aux contractuels.

-enfin l’exercice d’un dialogue social respectueux des organisations syndicales représentant les personnels dans le cadre des instances paritaires, seules à même de faire respecter les principes d’égalité professionnelle et d’indépendance qui fondent la Fonction Publique.

  • En clair, Il s’agit là d’un projet aux antipodes de celui de l’école de la défiance porté par Macron, Blanquer et tous les tenants d’un libéralisme à tout crin, dont l’objectif globalement, est bien de détruire les outils de solidarité au détriment des fonctionnaires et des usagers des services publics afin de promouvoir une organisation sociale (on n’ose parler de société !) fondée sur le chacun pour soi.